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Rénovation électrique : Parfois, la meilleure façon d'avancer, c'est de tout démolir

Après une semaine de diagnostic intensif sur un chantier qu'on m'a confié, le verdict est sans appel : l'installation existante est trop dangereuse. Décision prise : tout refaire. Parfois, la meilleure façon d'avancer, c'est de tout démolir.

Rénovation électrique : Parfois, la meilleure façon d'avancer, c'est de tout démolir

🛠️ Parfois, la meilleure façon d’avancer, c’est de tout démolir.

Voilà plusieurs jours que je travaille sur un chantier de rénovation complète qu’on m’a confié, une maison sur 3 étages. Je réalise ce chantier avec un artisan expérimenté, qui me guide et me transmet son savoir-faire. Après une semaine intensive de diagnostic et d’analyse, le verdict est tombé. Je vous raconte cette étape cruciale de mon apprentissage.

Retour sur le chantier

Ce chantier de rénovation, c’est une opportunité précieuse. Travailler aux côtés d’un artisan expérimenté, apprendre sur le terrain, comprendre les gestes, les méthodes, les réflexes du métier. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour progresser.

Une maison sur 3 étages, une installation ancienne, un diagnostic à faire. Le défi est de taille, mais c’est là qu’on apprend vraiment.

Une semaine de repérage intensif

Avant de commencer les travaux, nous avons passé une semaine complète à analyser l’installation existante. Un travail de fourmi, méthodique, systématique.

Étiquetage et cartographie

  • Étiquetage systématique : Chaque circuit identifié, chaque boîte de dérivation repérée
  • Cartographie complète : Repérage de tous les réseaux électriques, de leur tracé dans les murs, les planchers, les plafonds
  • Analyse des boîtes de dérivation : Vérification des connexions, de l’état des câbles, des sections utilisées
  • Tests de continuité : Vérification de la mise à la terre, des circuits, des protections

Une semaine à jouer au détective. À tracer chaque fil, à comprendre l’architecture de l’installation. À remonter le fil de l’histoire électrique de cette maison. Un travail fastidieux mais essentiel.

L’idée de départ : réutiliser l’existant

Mon objectif initial était de réutiliser l’existant pour gagner du temps et réduire les coûts. Une approche pragmatique, pensais-je. Réparer, améliorer, adapter plutôt que tout refaire.

L’idée avait du sens : pourquoi jeter ce qui peut être conservé ? Pourquoi refaire ce qui fonctionne encore ? Économie de temps, économie d’argent, moins de déchets.

Mais la réalité du terrain en a décidé autrement.

Le constat : une installation dangereuse

Après cette semaine d’analyse, le verdict est sans appel. Voici ce que nous avons découvert :

Câbles posés à nu dans le sol

Des câbles électriques posés directement dans le sol, sans gaines. Une pratique interdite et extrêmement dangereuse. Les câbles sont exposés à l’humidité, aux chocs, à l’usure. Un risque d’électrocution et d’incendie majeur.

Absence totale de terre

Sur certains circuits, aucune mise à la terre. Les prises sont branchées sans conducteur de protection. En cas de défaut, pas de protection. Un danger mortel.

Installations hors d’âge

Des installations datant de plusieurs décennies, avec des matériaux obsolètes, des normes dépassées. Des composants qui ne répondent plus aux exigences de sécurité actuelles.

Fils dénudés et oxydés

Des fils électriques dénudés, oxydés, fragilisés. Des connexions douteuses, des isolations dégradées. Des risques de court-circuit, de surchauffe, d’incendie.

Le verdict : on ne peut rien garder

Face à ce constat, la décision s’est imposée d’elle-même : on ne peut rien garder.

L’installation est trop dangereuse, trop obsolète, trop dégradée. Réparer coûterait plus cher et serait plus risqué qu’une refonte complète. Il n’y a pas de débat possible.

La décision radicale : tout couper

Nous avons donc pris la décision radicale de tout couper.

Suppression des circuits obsolètes. Retrait des vieux câbles jusqu’à l’arrivée au tableau. On vide l’espace pour laisser la place à du propre.

C’est frustrant ? Au contraire. C’est libérateur.

Parce qu’en électricité, s’adapter à l’ancien quand il est dangereux, c’est prendre un risque inutile. La norme NF C 15-100 n’est pas là pour faire joli, elle est là pour la sécurité.

Mieux vaut une page blanche qu’un gribouillage dangereux. Mieux vaut repartir de zéro avec une base saine que de construire sur des fondations pourries.

Ce que j’apprends aujourd’hui

Ce chantier m’a enseigné des leçons essentielles, que je n’oublierai pas.

Savoir dire “on repart de zéro” est une compétence de diagnostic essentielle

Un bon diagnostic ne consiste pas seulement à identifier les problèmes. C’est aussi savoir reconnaître quand l’existant est irrécupérable. Quand la réparation coûterait plus cher et serait plus risquée qu’une refonte complète.

C’est une compétence que j’apprends : savoir dire non. Savoir refuser de travailler sur une base dangereuse. Savoir expliquer pourquoi il faut tout refaire, même si c’est plus long, même si c’est plus cher.

Mieux vaut une page blanche qu’un gribouillage dangereux

Une installation neuve, propre, conforme, c’est rassurant. On sait ce qu’on a. On sait que c’est sécurisé. On sait que ça durera.

Une installation rafistolée, adaptée, bricolée, c’est un risque permanent. On ne sait jamais quand ça va lâcher, où ça va poser problème. C’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des occupants.

Face à des fils oxydés et une installation hors d’âge, il n’y a pas de débat : on sécurise

La sécurité avant tout. Toujours. Pas de compromis, pas de “ça devrait tenir”, pas de “on verra bien”. Si c’est dangereux, on refait. Point.

C’est une leçon que je retiens : la sécurité n’est pas négociable. Pas de demi-mesure, pas de bricolage. Soit c’est conforme et sécurisé, soit on refait.

De détective à bâtisseur

J’ai troqué ma casquette de “détective” pour celle de “bâtisseur”.

La phase de diagnostic est terminée. Le constat est fait, la décision est prise. Maintenant, place au démontage, aux côtés de l’artisan qui me guide et me transmet son savoir-faire.

Démontage des anciennes gaines

Les anciennes gaines finissent sans protection dans le sol. C’est dangereux, c’est interdit, c’est à refaire. Je les identifie, je les repère, je les retire. Un par un, méthodiquement.

Tout démonter pour tout refaire propre. C’est le seul moyen d’avoir une installation sécurisée et conforme.

Démontage des anciennes gaines Les gaines s’arrêtent au niveau du trou, laissant les fils partir à nu dans le sol

Démontage des circuits obsolètes Identification et retrait des gaines qui finissent sans protection - tout à refaire proprement

Reconstruction du réseau

Une fois tout démonté, place à la reconstruction. Nouveaux circuits, nouvelle répartition, nouveau tableau. Une architecture électrique moderne, conforme, pensée pour durer.

Installation propre et conforme

Une base solide pour les décennies à venir. Une installation dont on peut être fier, dont on peut être sûr.

La norme NF C 15-100 : une exigence de sécurité

Cette expérience m’a rappelé pourquoi la norme NF C 15-100 existe. Ce n’est pas du formalisme administratif. C’est une exigence de sécurité.

Chaque règle a été écrite pour éviter des accidents. Chaque exigence répond à un risque identifié. Les gaines protègent les câbles. La mise à la terre protège les personnes. Les disjoncteurs protègent les installations.

Quand on voit une installation comme celle que nous avons analysée, on comprend immédiatement pourquoi ces normes existent.

Affaire à suivre

Le chantier continue. Après le démontage complet, prochaine étape : le passage des nouvelles gaines et la reconstruction complète du réseau électrique.

Je vous tiendrai au courant de la suite de cette aventure. Parce que chaque étape est une leçon. Chaque décision, un apprentissage.

Et parce que parfois, la meilleure façon d’avancer, c’est effectivement de tout démolir pour mieux reconstruire.


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