Pourquoi j'ai choisi Shelly comme solution de domotique

Ça fait plusieurs mois que je me renseigne sur la domotique. Au départ, ça ne m'intéressait pas vraiment. Ce qui m'a fait changer d'avis, c'est d'avoir creusé la question sous un autre angle.

Pourquoi j'ai choisi Shelly comme solution de domotique

Ça fait plusieurs mois que je me renseigne sur la domotique. Au départ, je pensais que ça servait surtout à allumer ses lumières avec la voix et ça ne m’intéressait pas vraiment. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est d’avoir creusé la question sous un autre angle : non pas celui du confort ou du gadget, mais celui de la souveraineté, de l’écologie et de la liberté technique. Une fois que j’ai commencé à regarder par là, le choix s’est imposé assez rapidement.

Pourquoi la domotique m’intéresse maintenant

Je suis en train de planifier l’installation électrique complète de ma maison dans le Lot. C’est une rénovation de A à Z, ce qui me donne une opportunité rare : penser le câblage domotique dès le départ, sans contrainte d’existant.

En parallèle, je vais déployer la même logique dans les locaux de Fairness, ma coopérative, comme premier terrain d’expérimentation réel. À terme, c’est ce que je proposerai à mes clients, pas comme un gadget mais comme une réponse cohérente à des enjeux concrets.

Ça m’a donc obligé à vraiment creuser le sujet. Quels protocoles choisir, quel matériel, quelle architecture ? Et surtout, quelles valeurs mettre derrière tout ça ?

Le problème avec la domotique « grand public »

Quand on cherche « maison connectée », on tombe d’abord sur les solutions grand public : Amazon Echo, Google Home, Apple HomeKit, Philips Hue, Somfy. Ce sont des marques solides, avec des produits bien finis et des applis soignées. Elles ont aussi un point commun : tout transite par un cloud que vous ne contrôlez pas.

Le principe est le suivant. Vous appuyez sur un bouton dans votre appli, la commande monte vers un serveur distant et ce serveur la renvoie vers votre ampoule, même si les deux sont dans la même pièce de votre maison. C’est ce qu’on appelle le modèle cloud-first. Il a trois conséquences concrètes.

La première : si internet tombe, rien ne fonctionne. Pour du chauffage en hiver dans le Lot, dépendre d’une connexion internet pour allumer un radiateur, c’est un risque que je ne veux pas prendre.

La deuxième : si l’entreprise ferme ou coupe son service, votre installation tombe avec. Ça arrive. Des constructeurs ont fermé leurs serveurs du jour au lendemain, laissant des milliers d’utilisateurs avec du matériel devenu inutilisable. Vous avez payé le matériel, mais vous n’en êtes pas vraiment propriétaire.

La troisième : vos données de comportement appartiennent à quelqu’un d’autre. Quand vous êtes chez vous, à quelle heure vous vous levez, quand vous chauffez, quand vous dormez, tout ça remonte quelque part. Ce quelque part se trouve souvent aux États-Unis, soumis au Cloud Act, hors de votre contrôle.

Ce n’est pas le projet que j’ai envie de construire, ni chez moi, ni chez mes futurs clients.

Pourquoi Shelly s’est imposé

Shelly est une marque bulgare (la société s’appelle Allterco) qui fabrique de petits modules domotiques. L’idée de base est simple : ces modules se glissent derrière vos interrupteurs et vos prises existants, dans la boîte d’encastrement. Il n’y a pas besoin de tout refaire.

Techniquement, c’est très bien fait. Mais ce qui m’a convaincu, c’est leur philosophie.

Des puces open source

Les modules Shelly sont construits sur des puces ESP32, les mêmes que celles qu’utilisent les makers, les bidouilleurs et les communautés open source du monde entier. Ce n’est pas un choix anodin : ça veut dire que la communauté comprend le matériel, peut l’auditer et peut développer dessus.

MQTT et API locale natifs

Dès la sortie de boîte, sans flash ni modification, les modules Shelly supportent :

  • MQTT : un protocole de messagerie léger, ouvert, standardisé, utilisé partout dans l’IoT
  • API REST locale : vous pouvez envoyer une commande HTTP directement à votre module depuis votre réseau, sans passer par internet

Concrètement, vous pouvez contrôler un Shelly depuis n’importe quel outil capable de faire une requête HTTP ou de publier un message MQTT : votre propre script, votre propre serveur, votre propre logiciel.

Une précision pour ceux qui connaissent le sujet : tout cela n’est vrai que si vous n’activez pas le Shelly Cloud. L’application officielle Shelly propose un cloud, pratique et bien fait, mais ce n’est pas ce que j’utilise. Mon choix, c’est 100 % local.

Un firmware remplaçable

Si un jour vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez flasher un firmware alternatif open source comme Tasmota ou ESPHome sur vos modules Shelly. Vous prenez alors le contrôle total du logiciel qui tourne sur votre matériel. C’est une liberté qu’aucune solution propriétaire ne vous offre.

Zéro abonnement

Il n’y a pas d’abonnement mensuel pour utiliser Shelly en local. Vous achetez le module, une vingtaine d’euros en moyenne. C’est tout : pas de frais cachés, pas de service qui peut vous être coupé.

Home Assistant : le cerveau qui centralise tout

Shelly seul, c’est déjà très bien. Shelly avec Home Assistant, c’est une autre dimension.

Home Assistant est un logiciel open source de domotique qui tourne sur un petit serveur chez vous, un Raspberry Pi ou une box dédiée comme la Home Assistant Green ou la Yellow. Il devient le cerveau de toute l’installation : il agrège tous vos appareils, quelle que soit la marque, dans une seule interface. Tout ça tourne localement, chez vous, sans passer par aucun cloud.

L’intégration Shelly dans Home Assistant est officielle, locale et se configure en quelques minutes. Les modules sont détectés automatiquement sur le réseau, sans bidouille. Depuis une seule interface, vous pouvez :

  • piloter le chauffage pièce par pièce
  • gérer l’éclairage et la variation
  • contrôler les volets roulants
  • suivre votre consommation électrique en temps réel
  • créer des automatisations : couper le chauffage si une fenêtre est ouverte, éteindre toutes les lumières en partant, ajuster selon la météo locale

Home Assistant est soutenu par une communauté de plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs dans le monde. Le code est ouvert et ne dépend d’aucune entreprise privée. Si demain la société qui le développe disparaissait, ce qui est très peu probable, le projet continuerait à vivre.

La question écologique, en toute honnêteté

C’est peut-être la dimension la plus importante pour moi, celle sur laquelle je veux être le plus lucide.

La domotique peut vite devenir du tout-connecté inutile : des dizaines de modules qui consomment en permanence, des capteurs partout, des automatisations qui ne servent à rien en pratique. Ce n’est pas ce que je veux construire. Mon objectif est simple : consommer ce qu’il faut, pas plus. La domotique n’est pas une fin en soi, c’est un outil au service de cet objectif.

Concrètement, ça veut dire chauffer uniquement les pièces occupées, aux heures où elles le sont, ne pas chauffer à plein quand on n’est pas là, éteindre automatiquement ce qui a été oublié allumé et suivre sa consommation réelle pour identifier les postes importants. Shelly propose des modules avec mesure de puissance intégrée : vous voyez en temps réel ce que consomme chaque circuit. C’est une information précieuse pour comprendre, puis agir.

Il y a un point sur lequel je ne vais pas faire semblant. Les modules eux-mêmes ont un impact carbone à la fabrication : des composants électroniques, des circuits imprimés, de la logistique. C’est une réalité. Mais une installation bien pensée, dimensionnée au juste nécessaire, sur une durée de vie de plusieurs années, produit un bilan net positif. Les économies d’énergie réalisées sur le chauffage, souvent de 15 à 30 % selon les installations, compensent largement l’empreinte de fabrication des modules. À condition de ne pas tomber dans le piège du « tout connecter parce qu’on peut ».

C’est ce que j’appellerais une domotique sobre. C’est celle que je veux pratiquer et proposer.

Ce que ça va donner concrètement

Dans ma maison du Lot, l’installation partira de zéro et le câblage sera pensé pour la domotique dès le départ :

  • radiateurs électriques pilotés via fil pilote avec des Shelly Plus 1
  • éclairage variable avec des Shelly Dimmer
  • volets motorisés avec des Shelly 2.5 ou Wave 2PM
  • mesure de consommation circuit par circuit
  • Home Assistant comme cerveau central, sur un Raspberry Pi

Dans les locaux de Fairness, je commence par une installation plus modeste, quelques circuits d’éclairage et de chauffage, pour valider l’approche en conditions réelles avant de l’étendre. Pour une coopérative qui défend des valeurs d’autonomie et de transparence, maîtriser son infrastructure du quotidien sans dépendre d’un tiers commercial, c’est aussi une question de cohérence.

Chez mes futurs clients, ce sera cette même logique, adaptée à chaque situation. Je ne le vois pas comme un produit à vendre, mais comme une approche à partager.

Pour aller plus loin

Si vous voulez creuser le sujet, voici quelques ressources utiles :

Je documenterai tout le projet ici au fur et à mesure : les schémas, les configurations, les choix techniques et les galères aussi. C’est l’idée de L’artisan 2.0 : partager le chantier en temps réel, pas seulement le résultat final.


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