Cet été marque le premier anniversaire de notre maison du Lot. En un an, il s’en est passé des choses. Ça faisait d’ailleurs un moment que je n’avais pas donné de nouvelles du chantier. Depuis le dernier point d’étape, où je racontais les quinze jours de câblage, de plomberie et de VMC dans les combles, le chantier a bien avancé. Les combles sont aujourd’hui isolés et plaqués. Ce qui n’était qu’un plateau de pierre et de charpente est devenu un espace fermé, propre, prêt à être découpé en pièces. Voici ce que ces dernières semaines ont donné.
Les combles isolés et plaqués : place au cloisonnement
Le gros changement depuis le dernier article, c’est que les rampants et le plafond des combles sont désormais isolés et recouverts de plaques. L’étage a changé de nature. On passe d’une charpente à nu, avec les réseaux qui couraient à l’air libre, à un volume habitable qu’il faut maintenant organiser.
Ce que j’ai devant moi, c’est un plateau de 90 m² entièrement dégagé, sans une seule cloison. Tout le plan que j’avais figé au moment de tirer les gaines (les chambres, le palier, le WC et la salle de bain) est encore virtuel. Il n’existe pour l’instant que sous forme de traits au sol et de gaines qui sortent aux bons endroits. La prochaine grande étape consiste donc à monter toutes ces cloisons pour donner enfin des pièces à cet étage.
Le plateau des combles, isolé et plaqué, entièrement dégagé. 90 m² sans une seule cloison, qu’il faut maintenant découper en chambres, palier, WC et salle de bain.
Une livraison qui fait plaisir : cent plaques et du BA13 allégé
Pour attaquer le cloisonnement, il fallait de la matière. Et de la matière, on en a reçu : une palette d’une centaine de plaques de BA13, livrée par camion. Voir arriver tout ça devant la maison, c’est le genre de moment qui rend le projet très concret d’un coup.
J’ai fait un choix que je voulais expliquer ici, parce qu’il change vraiment le quotidien sur le chantier : j’ai pris du Prégylight UP, une plaque de BA13 allégée. C’est l’équivalent chez Siniat du Placo Plume de Saint-Gobain. Le principe est le même dans les deux cas : une plaque qui conserve les mêmes propriétés mécaniques et acoustiques qu’une plaque standard, mais avec un gain de poids de 30 à 40 %.
Sur le papier, ça peut sembler anecdotique. Dans les mains, ça ne l’est pas du tout. Une plaque de BA13 classique en grande hauteur, on sait ce que ça pèse quand il faut la porter à bout de bras, la présenter au plafond et la maintenir le temps de visser. Alléger chaque plaque d’un bon tiers, sur une centaine de plaques à manipuler seul ou à deux, c’est un confort de pose énorme et beaucoup moins de fatigue en fin de journée. Pour un chantier qu’on mène en plus de son travail, ce genre de détail compte vraiment.
Toutes les cloisons ne recevront pas la même plaque. Pour la future salle de bain, j’ai aussi pris de la plaque hydrofuge, celle qu’on reconnaît à sa teinte verte et qui est traitée pour résister à l’humidité. Dans une pièce d’eau, c’est un incontournable : une plaque standard finirait par se gorger d’humidité et se dégrader, alors que l’hydrofuge encaisse la vapeur et les projections sans broncher. Dès qu’il y a une douche ou un lavabo derrière la cloison, c’est le réflexe à avoir.
La livraison devant la maison : une centaine de plaques de BA13 allégé. Le genre de moment qui rend la suite du chantier très concrète.
La même livraison contenait aussi les montants de 70 pour l’ossature métallique des cloisons et la laine de verre Isover de la gamme Phonic, du Saint-Gobain là encore, pour l’isolation acoustique entre les pièces. Entre des chambres et une salle de bain à l’étage, ce n’est pas un luxe : une cloison bien remplie, c’est le confort sonore de tous les jours une fois qu’on vit dans la maison.
La laine de verre Isover, gamme Phonic, pour l’isolation acoustique des cloisons. Livrée avec les montants de 70 qui formeront l’ossature. Tout est là pour attaquer le deuxième étage.
La démolition du premier étage et le vrai casse-tête des gravats
Pendant que le deuxième étage montait en confort, on faisait le mouvement inverse à l’étage du dessous. On a terminé la première phase de démolition du premier étage, où on a tombé presque toutes les cloisons en briques. D’un étage compartimenté en petites pièces, on est passé à un grand volume ouvert qu’on pourra repenser entièrement plus tard.
Sauf que le vrai enjeu de ce début de vacances n’était pas d’abattre les cloisons. Abattre, au fond, c’est la partie facile et défoulante. Le vrai casse-tête, c’était la gestion des déchets. Une cloison en briques, une fois par terre, ça se transforme en une quantité de gravats qu’on sous-estime toujours au départ.
Et là, on se heurte à une contrainte très terre à terre : la déchetterie du coin limite à deux passages par jour. Quand on a des mètres cubes de gravats à sortir, deux allers-retours quotidiens, ça devient vite le facteur qui rythme toute la journée. On ne travaille plus au rythme de la démolition, on travaille au rythme des rotations vers la déchetterie. Notre remorque a encaissé plusieurs tonnes au cumulé sur la période. Elle s’en souvient.
Pour venir à bout des derniers mètres cubes sans y passer la semaine, on a fini par louer un camion benne. C’est une dépense de plus, mais c’est le genre de décision qui se paie surtout en temps et en dos économisés. Évacuer d’un coup ce qu’on aurait mis des jours à sortir par petites bennes, ça valait le coup.
Avant. Le premier étage juste après avoir tombé les cloisons, encombré des gravats de briques qu’il fallait sortir.
Après. Le même étage une fois les gravats évacués : un grand volume ouvert, prêt à être repensé.
Faire monter les réseaux : les colonnes techniques
En parallèle de tout ça, j’ai avancé sur les colonnes techniques, ces gaines verticales qui traversent la maison d’un étage à l’autre et par lesquelles passent tous les réseaux. J’y ai fait cheminer les alimentations qui remontent vers les deux boîtes de dérivation installées au deuxième étage, celles dont je parlais dans le dernier article.
Concrètement, ce sont sept circuits qui montent par ces colonnes pour desservir l’étage : deux circuits de prises, deux circuits d’éclairage, deux circuits de radiateurs et le circuit de la VMC. Si je double les circuits de prises, d’éclairage et de chauffage, ce n’est pas par excès de zèle : c’est avant tout pour respecter la norme NF C 15-100. Elle impose un nombre maximal de points par circuit, par exemple huit points lumineux sur un circuit d’éclairage et huit ou douze prises selon la section des conducteurs. Sur toute la surface d’un étage, on dépasse vite ces limites, il faut donc scinder en plusieurs circuits. Le bénéfice est double : l’installation est aux normes et elle ne repose pas sur un seul disjoncteur par étage, ce qui la rend plus sûre et plus confortable à vivre. Chaque circuit part du tableau, remonte proprement dans sa colonne et arrive repéré à la bonne boîte de dérivation.
Je ne peux pas raconter cette période sans un mot pour ceux qui sont venus m’aider. Pour le tirage des gaines et la dernière ligne droite de la démolition, ma belle-sœur et mon beau-frère ont donné de leur temps quelques jours. En si peu de temps, ça donne un vrai coup de boost au chantier et au moral. Quand on a la tête dans le guidon depuis des semaines, voir débarquer du renfort motivé, ça fait un bien fou. Merci à eux.
L’eau chaude et froide à chaque niveau : le multicouche
Toujours dans les colonnes techniques, j’ai passé le multicouche pour amener l’eau chaude et l’eau froide à chaque niveau de la maison. Je reste sur la même logique que celle que j’aime appliquer partout : un réseau principal qui monte et des départs identifiés à chaque étage.
Pour ça, j’ai mis en place un système de T qui permet de créer une dérivation à chaque niveau, de façon à pouvoir alimenter les points d’eau étage par étage sans repartir de zéro à chaque fois. Le chantier est encore en cours sur cette partie : il me reste à poser les robinets d’arrêt à chaque départ. C’est ce qui permettra, une fois la maison en service, de couper l’eau sur un niveau ou un point précis sans priver toute la maison. Tant que ces vannes ne sont pas là, le réseau n’est pas vraiment fini, mais l’ossature est posée.
Le multicouche qui monte dans la colonne technique, avec les départs en T à chaque niveau. Il reste à poser les robinets d’arrêt pour pouvoir isoler chaque étage.
Chauffage : dépose des radiateurs au fioul, cap sur la pompe à chaleur
Autre gros dossier de cette période : j’ai déposé tous les radiateurs de la maison. Ils étaient tous reliés à une vieille chaudière au fioul, un mode de chauffage qui n’a plus sa place dans le projet, ni côté budget de fonctionnement, ni côté impact.
L’objectif est clair : remplacer tout ça par une pompe à chaleur air/eau. C’est le poste chauffage entièrement repensé, cohérent avec la façon dont je vois cette rénovation et avec ce que je défends par ailleurs sur l’électricité éco-responsable. Déposer les anciens radiateurs, c’est la première étape concrète de ce basculement. La suite viendra quand le reste de la maison sera prêt à recevoir le nouveau réseau.
Des fenêtres neuves pour tenir sans chauffage
Dernier grand poste de l’été et pas des moindres : les fenêtres. On les a remplacées progressivement, en ciblant toutes celles qui étaient encore en simple vitrage, douze au total. Sur une bâtisse de 1850, ces simples vitrages représentaient des déperditions énormes. Les nouvelles sont en double vitrage, en blanc à l’intérieur et anthracite à l’extérieur pour rester dans l’esprit de la maison. Il restait aussi quelques ouvertures déjà en double vitrage, vieilles d’au moins vingt ans, qu’on garde pour l’instant mais qui devront elles aussi être changées à terme.
Ce choix n’est pas qu’une question de confort. C’est aussi un calcul très pragmatique sur le budget. Le double vitrage doit nous permettre de nous passer de chauffage le temps de remonter un peu les finances entre deux grosses étapes. Une maison qui garde la chaleur, c’est une maison dans laquelle on peut avancer même sans avoir encore réglé la question du chauffage définitif. Ça nous donne de l’air.
Ce qu’on dit moins souvent : une rénovation, ça coûte cher
Justement, parlons-en, parce que c’est un sujet qu’on aborde rarement franchement. Même en faisant les travaux soi-même, même en mettant ses propres mains et son temps dans le projet, rénover une maison coûte très cher. On imagine souvent que l’autoconstruction, c’est surtout de l’huile de coude et des économies. En réalité, la main-d’œuvre qu’on économise ne représente qu’une partie de la facture.
Les matériaux, eux, ont explosé en prix ces dernières années. Une centaine de plaques, des montants, de la laine, du multicouche, un jeu complet de fenêtres, une future pompe à chaleur : mis bout à bout, ça chiffre vite. Et ça, personne ne le fait à votre place. Je le dis sans me plaindre, parce que c’est un projet que j’ai choisi et que j’adore mener. Mais je préfère être honnête sur ce point plutôt que d’entretenir l’idée qu’une rénovation faite maison serait une affaire.
L’objectif de la fin de l’été
Tout ce qui précède converge vers un but très précis d’ici la fin du mois d’août : rendre le deuxième étage habitable. Concrètement, ça veut dire finir de cloisonner cet étage, puis y poser les WC et la douche pour pouvoir y vivre.
Ce n’est pas qu’une question de confort, c’est une vraie stratégie de chantier. Une fois qu’on pourra dormir, se laver et vivre au deuxième étage, on aura les mains totalement libres pour démolir le reste, c’est-à-dire terminer le premier étage et attaquer le rez-de-chaussée sans se soucier d’avoir un endroit où loger. On aménage un étage habitable pour pouvoir tout casser en dessous. C’est un peu la maison qui se relève par le haut.
Il reste beaucoup à faire et cet été ne suffira pas à tout boucler. Mais entre les combles fermés, la centaine de plaques prête à monter, le premier étage vidé de ses cloisons et les réseaux qui prennent forme dans les colonnes techniques, j’ai le sentiment que la maison a de nouveau franchi un cap. On y est presque, en tout cas assez pour envisager d’y poser nos affaires.
Les autres étapes de ce chantier : premiers pas dans la rénovation électrique, l’installation de la borne de recharge triphasée et les quinze jours de combles, plomberie et VMC.
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