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Électrifier un atelier de poterie dans l'Orne

Un chantier dans l'Orne pas tout à fait comme les autres : l'installation électrique complète d'un futur atelier de poterie équipé d'un four. Au programme : un chantier scopé à distance faute de pouvoir faire un premier repérage, une tranchée de 50 m pour amener le câble 10 mm² depuis la maison, un tableau dédié Schneider Resi 9 avec un circuit spécialisé pour le four. Le tout propre, aux normes NF C 15-100 et bouclé en un jour et demi.

Électrifier un atelier de poterie dans l'Orne

Ça y est, l’installation électrique d’un futur atelier de poterie est terminée. Le chantier se trouvait dans l’Orne, dans un atelier qui va accueillir, entre autres, un four de poterie. C’est un chantier qui sort un peu de l’ordinaire, parce qu’il a fallu tout reprendre depuis le tableau de la maison, creuser une tranchée pour relier l’atelier et monter un tableau dédié pensé autour du four. Et il a aussi une particularité côté méthode : je l’ai préparé entièrement à distance.

Un chantier préparé à distance, sans repérage

Il y a quelques semaines, une personne (qui se reconnaîtra s’il lit cet article) me contacte pour que je réalise toute l’installation électrique de son futur atelier de poterie. Le projet me plaît tout de suite, mais il y a une contrainte géographique : l’atelier est dans l’Orne, donc beaucoup trop loin pour que je puisse faire un premier repérage sur place avant le jour J.

J’ai donc fait autrement. À coups d’appels téléphoniques et de quelques visios, on a fait le tour du projet ensemble : la configuration des lieux, la distance entre la maison et l’atelier, ce qu’il fallait alimenter et les contraintes du bâtiment. À partir de là, j’ai pu définir à distance la liste complète des fournitures dont on aurait besoin pour faire l’installation.

C’est un exercice intéressant. Quand on ne peut pas voir le chantier de ses propres yeux, il faut poser les bonnes questions, faire préciser les distances et anticiper les imprévus dans le matériel à commander. Mieux vaut prévoir un peu large que de se retrouver bloqué au milieu d’une journée par une gaine ou une longueur de câble qui manque, surtout quand le magasin n’est pas à côté.

Spoiler alert : malgré tout, il a quand même manqué quelques fournitures en cours de chantier et on a dû faire un aller-retour au magasin de bricolage 😅. C’est un peu la rançon d’un chantier préparé sans avoir vu les lieux en vrai.

Le four de poterie, ce qui dimensionne toute l’installation

S’il y a bien un élément qui guide les choix sur ce chantier, c’est le four de poterie. Ce four affiche une puissance de 6 kW et peut monter jusqu’à 1 300 °C pour cuire les pièces. Autant dire qu’il a besoin d’une alimentation sérieuse. C’est lui qui impose une grande partie du dimensionnement de l’installation. Il faut concevoir le circuit avec soin pour qu’il fonctionne sereinement, sans faiblir au moment des cuissons. Il fallait donc lui réserver un circuit spécialisé capable d’encaisser sa consommation sans broncher.

Concrètement, le four est alimenté par son propre circuit en 32 A, câblé en 3G 6 mm². Pas question de le brancher sur une prise classique partagée avec le reste : un appareil de ce type mérite sa ligne dédiée, depuis le tableau jusqu’à son point de raccordement. C’est ce qui garantit qu’il fonctionne en sécurité, sans faire chuter la tension ailleurs et sans risquer de surcharger un circuit prévu pour autre chose.

Côté four, le raccordement se fait sur une prise CEE renforcée de 32 A, ce type de prise industrielle qu’on retrouve sur les appareils de forte puissance. Elle encaisse sans broncher l’intensité du four et permet de le débrancher proprement le jour où il faut le déplacer ou intervenir dessus, ce qu’une prise domestique classique ne pourrait pas assurer à ce niveau de puissance.

Une fois ce point fixé, le reste de l’installation se construit autour : les prises, l’éclairage et surtout l’alimentation générale de l’atelier capable de fournir assez de puissance pour le four et tout le reste en même temps.

Le départ depuis la maison

L’atelier est situé à environ 50 m de la maison. Tout part donc de là, du tableau existant de la maison, qu’il a fallu compléter pour créer le nouveau départ vers l’atelier.

Dans la maison, j’ai posé un nouvel interrupteur différentiel 63 A de type AC. Je l’ai volontairement choisi en 63 A pour garder de la marge en vue d’améliorations à venir : la personne a d’autres projets pour la suite, autant ne pas se brider dès maintenant. En aval de cet interrupteur différentiel, un disjoncteur 32 A protège le départ et alimente le câble de 10 mm² qui file jusqu’à l’atelier.

Ce câble de 10 mm² est le cordon ombilical de tout le projet. C’est lui qui transporte le courant sur les 50 m qui séparent la maison de l’atelier, avec une section choisie pour limiter la chute de tension sur cette distance et tenir la puissance demandée, four compris.

La tranchée, la partie la moins drôle

Pour amener ce câble de 10 mm² jusqu’à l’atelier, il a fallu l’enterrer. Et autant le dire tout de suite : la tranchée, c’était de loin la partie la moins drôle du chantier. Le câble chemine dans une gaine TPC rouge de 40 mm de diamètre, la gaine annelée rouge dédiée aux réseaux électriques enterrés, qui protège le câble et signale sa présence à quiconque creuserait par la suite.

Il y a un point sur lequel on a réfléchi avant de donner le premier coup de pelle : le tracé. On a fait en sorte que la gaine ne passe pas au milieu d’une allée sur laquelle des voitures pourraient rouler. La raison est très concrète : sous une zone carrossable, il aurait fallu enterrer à 60 cm de profondeur pour respecter les règles, contre 10 à 15 cm sur un passage non carrossable. Quand on creuse à la main et qu’il fait 34 °C, croyez-moi, la différence se ressent dans les bras et dans le dos.

Tranchée creusée pour enterrer le câble 10 mm² sous gaine TPC rouge entre la maison et l'atelier de poterie La tranchée qui relie la maison à l’atelier, avec le câble 10 mm² protégé par sa gaine TPC rouge. En évitant l’allée carrossable, on reste sur une profondeur raisonnable plutôt que de devoir descendre à 60 cm.

Passer le câble dans la maison : deux essais

L’autre petit moment de tension du chantier, c’était de faire entrer le câble dans la maison, idéalement au niveau de la goulotte GTL qui se trouvait juste derrière le mur. Sur le papier, c’est simple : on perce le mur et on ressort pile dans la goulotte. Dans la pratique, c’est une autre histoire.

Premier essai, je perce le mur. Forcément, je tombe en plein dans une fourrure. Sur toute la hauteur du mur, il a fallu que je tombe précisément dessus 😅. Pas de quoi s’affoler, je repère le décalage à prendre, je vise un peu à côté et je repars pour un second perçage. Et là, deuxième essai, j’arrive parfaitement où il fallait, juste dans l’axe de la goulotte GTL. Parfois ça ne tient pas à grand-chose, mais quand le câble ressort exactement au bon endroit, c’est toujours une petite satisfaction.

Le tableau de l’atelier : du Schneider Resi 9

Dans l’atelier, place au tableau. C’est un peu le cœur de l’installation et j’ai pris plaisir à le monter, parce que je l’ai fait avec du Schneider Resi 9, une marque que j’aime beaucoup. Le tableau s’organise sur une rangée de 13 modules, ce qui laisse de la place pour les circuits du jour et un peu de réserve pour la suite.

Voici comment il est configuré :

  • Un interrupteur différentiel 40 A de type AC en tête, qui protège l’ensemble des circuits de l’atelier.
  • Un circuit spécialisé pour le four en 32 A, la ligne dédiée dont je parlais plus haut.
  • Un circuit prises en 16 A pour l’ensemble des prises de l’atelier.
  • Un circuit éclairage en 10 A pour les points lumineux.

Le circuit prises en 16 A accueillera par exemple un tour de poterie, qui demande beaucoup moins de puissance que le four. C’est tout l’intérêt de séparer les usages : le four reste sur sa ligne dédiée et bien dimensionnée pendant que le matériel plus léger de l’atelier se branche tranquillement sur les prises classiques.

Pour les modules, j’ai gardé la même logique : encore du Schneider, cette fois en gamme XE. Les disjoncteurs et l’interrupteur différentiel viennent se clipser directement dans le répartiteur embrochable, sans repiquage de fil d’un appareil à l’autre. Là aussi, c’est un vrai régal à installer : tout s’emboîte proprement, le câblage est réduit au minimum et le rendu final est net.

Tableau électrique Schneider Resi 9 de l'atelier de poterie, capot ouvert sur les disjoncteurs et l'interrupteur différentiel Le tableau de l’atelier, capot ouvert. Sur sa rangée de 13 modules, on retrouve l’interrupteur différentiel 40 A en tête, puis le circuit spécialisé du four en 32 A, le circuit prises en 16 A et le circuit éclairage en 10 A.

Vue d'ensemble du tableau électrique fermé dans l'atelier de poterie Le même tableau une fois refermé. Une installation propre commence par un tableau clair, étiqueté et facile à comprendre pour la personne qui vivra avec au quotidien.

Tirer tous les réseaux : R02V sous tubes IRL

Le tableau n’était qu’une partie du travail. En plus de sa pose, il a fallu tirer tous les réseaux pour les prises et l’éclairage dans l’atelier. Pour ça, j’ai utilisé du câble R02V passé dans des tubes IRL, en adaptant le diamètre du tube et la section du fil à chaque usage.

Le détail des réseaux :

  • Éclairage : tube IRL de diamètre 16, fil en 3G 1,5 mm².
  • Prises : tube IRL de diamètre 20, fil en 3G 2,5 mm².
  • Four : tube IRL de diamètre 25, fil en 3G 6 mm².

L’objectif que je m’étais fixé sur ce chantier était clair : faire une installation propre et 100 % conforme à la norme NF C 15-100. Chaque section de fil correspond à son usage, chaque circuit est protégé par le bon calibre et tout est rangé proprement sous tube. C’est exactement le genre d’installation que j’aime livrer : pensée pour durer et facile à reprendre si un jour il faut faire évoluer l’atelier.

Prise installée dans l'atelier de poterie, câblée en 3G 2,5 mm² sous tube IRL Une des prises de l’atelier, sur le circuit 16 A câblé en 3G 2,5 mm². Rien d’extraordinaire, mais c’est la régularité de ces points qui fait une installation soignée.

Interrupteur posé dans l'atelier de poterie pour la commande de l'éclairage Un interrupteur de l’atelier, sur le circuit éclairage. Le réseau d’éclairage est tiré en 3G 1,5 mm² sous tube IRL de diamètre 16.

Ce que je retiens de ce chantier

J’ai pu réaliser cette installation en un jour et demi. Il y avait beaucoup de travail, c’était fatigant, surtout la tranchée sous le soleil, mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce chantier. C’est typiquement le genre d’intervention complète, du départ au tableau de la maison jusqu’au dernier point lumineux de l’atelier, qui me plaît parce qu’on déroule tout le fil de l’installation et qu’on voit le résultat prendre forme du début à la fin.

Je suis encore en reconversion et ce chantier coche beaucoup de cases que j’aime : un projet préparé à distance, un dimensionnement à penser autour d’un usage précis (le four), une partie terrassement, un passage de câble entre deux bâtiments et un tableau dédié à monter de A à Z. C’est exactement ce genre de polyvalence qui me confirme que j’avance dans la bonne direction.

Et en prime, je suis reparti avec quelques tasses 🙂.

Tasses en céramique offertes à la fin du chantier de l'atelier de poterie Le petit bonus de fin de chantier : quelques tasses façonnées à la main. De quoi rappeler à chaque café à quoi servira l’installation.


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