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Une semaine en Normandie, seul sur le chantier

Le chantier de la maison parisienne étant terminé, j'ai démarré cette semaine un nouveau chantier en Normandie, seul cette fois. Au programme : monter l'ossature Optima d'Isover sur tous les murs extérieurs d'une vieille maison normande en brique de 120 m². 3/4 du périmètre bouclé sur la semaine, à coups d'allers-retours quotidiens depuis Paris.

Une semaine en Normandie, seul sur le chantier

Ça y est, nouveau chantier au programme cette semaine. Le chantier de la maison parisienne étant derrière nous, j’ai mis le cap sur la Normandie. Une vieille maison normande en brique, 120 m² à isoler par l’intérieur. Et une particularité de taille : pour la première fois, j’y suis allé seul.

Aller-retour quotidien depuis Paris : 5 heures de voiture par jour

Commençons par le moins glorieux. Pendant toute la semaine, je n’ai pas dormi sur place. C’était aller-retour quotidien depuis Paris, avec les bouchons franciliens en prime au départ et au retour. Au compteur, environ 5 heures de voiture par jour. Autant dire que les journées sont longues : départ tôt (6h30 du matin) pour essayer de passer avant la grosse heure de pointe, retour tard pour les mêmes raisons.

Ce n’est clairement pas l’organisation idéale, ni la plus reposante. Mais c’est aussi la réalité d’un chantier qu’on prend en route, sans avoir encore eu le temps de caler une solution d’hébergement sur place. Et puis, sur une première semaine, c’est aussi une façon de prendre la température : voir comment la maison se présente, ce qu’il y a à faire et à quel rythme je peux avancer avant de m’engager sur une organisation plus durable.

Première fois seul sur un chantier

L’autre particularité de cette semaine, plus marquante encore que les bouchons, c’est que j’y suis allé seul. Sans collègue, sans personne pour m’épauler, sans deuxième regard sur les choix techniques. C’est ma première vraie expérience de chantier en solo.

Sur le moment, ça change pas mal de choses. On porte seul les lisses et les fourrures, on monte seul l’ossature, on prend seul les décisions quand un mur ne tombe pas droit ou qu’un coin pose un problème de raccord. Il n’y a personne pour relancer la conversation pendant la pause, personne pour dire t’es sûr de toi sur cette cote ?. C’est une autre forme de concentration, qui demande de l’autonomie mais qui permet aussi d’avancer à son rythme, sans avoir à se synchroniser avec quelqu’un.

Je suis encore en reconversion, donc me retrouver seul sur un chantier de cette ampleur n’avait rien d’évident au démarrage de la semaine. Forcément, il y avait le stress de bien vouloir faire les choses, sans personne à côté pour valider un choix ou rattraper une approximation. Au bout de quelques jours, le constat est plutôt rassurant : j’avance, je trouve mes marques et je sais où je vais.

Petite visite imprévue : l’ancien propriétaire passe la tête

Petite anecdote au passage. Pendant que j’étais en train de poser les fourrures, j’entends la porte s’ouvrir et quelqu’un entrer dans la maison. Autant dire que je ne m’y attendais pas : on est dans un village reculé, avec quasiment rien autour. Il s’agissait en fait de l’ancien propriétaire, qui passait dans le coin.

On a discuté un moment. Il m’a confirmé que la maison avait été pas mal bricolée au fil des décennies et qu’il y aurait beaucoup de travail. Merci pour l’info 😅. Et concernant l’électricité, le constat de sa part était sans appel : tout à reprendre. C’est de toute façon ce qui était prévu, mais avoir la confirmation de quelqu’un qui a vécu dans la maison, ça finit de cadrer le diagnostic avant même d’avoir ouvert un tableau.

Une maison normande en brique, autant dire mal isolée

Pour planter le décor : on parle d’une vieille bâtisse normande en brique, dans son jus. Les murs sont en brique pleine sur toute leur épaisseur, ce qui veut dire deux choses. La première, c’est qu’on a de l’inertie et un mur sain, qui respire. La deuxième, c’est que côté performance thermique, on part de très loin : la brique seule, sans isolant rapporté, c’est une passoire. L’hiver, on chauffe l’extérieur.

L’électricité, ce sera pour plus tard. Avant d’envisager quoi que ce soit côté chauffage ou réseaux, il fallait commencer par isoler. C’est l’étape qui conditionne toutes les autres : pas la peine de tirer des gaines et de poser des appareillages dans des murs qu’on va doubler ensuite. L’isolation d’abord, l’électricité ensuite.

Ma mission de la semaine était donc claire : isoler par l’intérieur tous les murs donnant vers l’extérieur. C’est-à-dire monter l’ossature qui va recevoir l’isolant et les plaques de BA13, sur l’ensemble du périmètre de la maison.

Ossature Optima posée sur un mur d'une chambre, avec le papier peint fleuri d'origine encore en place Une autre chambre en cours d’isolation. On retrouve le papier peint fleuri d’origine, et la nouvelle ossature posée en avant-plan attend l’isolant.

Le système Optima d’Isover, ou comment isoler sans toucher au mur

Pour cette isolation, j’ai utilisé le système Optima d’Isover. Autant le dire tout de suite : c’est un vrai régal à monter. L’idée du système, c’est de venir poser une ossature métallique devant le mur, sans contact direct avec lui, pour casser les ponts thermiques et créer une lame d’air dans laquelle viendra l’isolant.

Concrètement, ça se monte dans cet ordre :

  • Une lisse au sol d’abord. C’est le rail bas, fixé au sol parallèlement au mur, qui va recevoir le pied des fourrures verticales.
  • Une lisse au plafond ensuite, dans le même alignement que celle du sol, qui reçoit le haut des fourrures.
  • Une fourrure horizontale à mi-hauteur, fixée directement dans le mur. C’est elle qui porte les appliques jaunes, ces clips qui maintiendront ensuite les fourrures verticales à la bonne distance du mur.
  • Et enfin les fourrures verticales, posées au pas voulu (60 cm en général), entre la lisse haute et la lisse basse, sur lesquelles viendront se visser les plaques de BA13.

Ce qui rend le système particulièrement pratique, c’est que toute l’ossature est désolidarisée du mur d’origine. On ne perce pas la brique tous les 40 cm pour fixer des tasseaux, on ne dépend pas de l’aplomb du mur (et sur une maison qui a 150 ou 200 ans, l’aplomb, on en reparle) et on peut rattraper les défauts avec des appliques. La pose va vite, c’est régulier et on obtient un plan de pose impeccable pour les plaques.

Ossature Optima posée autour des fenêtres d'une pièce avec poutre apparente L’ossature Optima posée autour des fenêtres d’une pièce à vivre. On voit bien les lisses haute et basse, les fourrures verticales et les appliques qui ramènent tout dans le même plan. La poutre apparente reste visible, l’isolation se loge derrière l’ossature sans toucher au mur.

Rien n’est droit : le niveau laser pour tout rattraper

Cette maison a beau être charmante, elle a aussi son âge dans les pattes et ça se voit dès qu’on sort le niveau. Pour planter le décor : dans une même pièce, la hauteur sous plafond n’est pas la même d’un mur à l’autre. Les murs eux-mêmes font des « vagues » par endroits, certains sont franchement incurvés et l’aplomb est rarement au rendez-vous.

C’est exactement le genre de configuration où on est content d’avoir le bon outil. J’ai utilisé un niveau laser tout le long du chantier pour régler l’aplomb des fourrures verticales. Plus question d’y aller à la règle de maçon sur des murs qui partent dans tous les sens : le laser projette une verticale parfaite et chaque fourrure se cale en référence à ce trait.

À certains endroits, le mur était tellement creux qu’il fallait rattraper plusieurs centimètres pour ramener la fourrure dans le plan. Dans ces cas-là, j’ai calé des tasseaux en bois entre le mur et la fourrure, à la bonne épaisseur pour compenser le défaut. Concrètement, on glisse un tasseau de l’épaisseur qu’il faut derrière l’applique, on revérifie au laser, on ajuste si besoin et on serre une fois que la fourrure est dans l’axe. C’est de la dentelle, mais c’est ce qui transforme un mur « à peu près » en mur parfaitement de niveau.

Au final, tous les murs sont rattrapés au laser et on obtient un plan parfaitement droit, prêt à recevoir l’isolant et les plaques. C’est invisible une fois la finition posée, mais c’est ce qui fait la différence entre une cloison qui se ferme proprement et une cloison qui pose problème à chaque ajustement.

Pièce étroite avec ossature Optima posée des deux côtés et fourrure horizontale visible à mi-hauteur Une pièce étroite avec l’ossature posée des deux côtés. On voit bien, à mi-hauteur, la fourrure horizontale fixée dans le mur qui porte les appliques jaunes ; ce sont elles qui tiennent les fourrures verticales à la bonne profondeur. Sur des murs aussi torturés, le laser et les tasseaux glissés derrière ces appliques sont les seuls moyens d’obtenir un plan aligné.

Longue pièce avec ossature Optima posée sur toute la périphérie, cheminée et chandelier visibles Vue d’ensemble d’une pièce de vie avec sa cheminée d’origine. L’ossature est posée sur toute la périphérie et, même sur les murs incurvés, le plan de pose ressort parfaitement aligné une fois le rattrapage terminé.

Actis Hybris : 13 cm contre 20 cm de laine de verre pour le même R

Reste la question de l’isolant qu’on glisse dans cette ossature. L’isolant retenu pour ce chantier, c’est l’Actis Hybris, un isolant mince multicouche réflecteur. Le pari de ce type de produit, c’est de proposer une performance thermique équivalente à de la laine de verre, mais avec une épaisseur nettement plus faible.

Le calcul est simple : pour atteindre la même résistance thermique (le fameux R) que celui exigé par la réglementation sur les murs, on est sur environ 13 cm d’Actis Hybris contre 20 cm de laine de verre. Soit 7 cm gagnés sur l’épaisseur du complexe isolant, multipliés par tous les mètres linéaires de murs extérieurs, ça représente une surface habitable préservée loin d’être négligeable. Sur une maison de 120 m² au sol, on parle de plusieurs mètres carrés récupérés en bout de chaîne.

C’est exactement le genre d’arbitrage qui a du sens sur une rénovation : sur une vieille maison où chaque mètre carré compte et où les pièces ne sont pas extensibles, garder de l’épaisseur côté habitable, c’est un vrai confort. À performance équivalente, l’isolant mince a sa place sur ce type de chantier.

Rouleau d'isolant Actis Hybris dans son emballage, avec la référence visible Le rouleau d’Actis Hybris dans son emballage, avant déroulage. La référence est lisible sur l’étiquette pour ceux qui veulent retrouver le produit exact.

3/4 du périmètre bouclé sur la semaine

Au bout de la semaine, j’ai bouclé les 3/4 du périmètre des murs extérieurs, sur les 120 m² de la maison. C’est plutôt encourageant. Au démarrage, je n’avais jamais posé l’Optima en condition réelle. Quelques jours plus tard, le geste est en place : on sait où couper les lisses, comment caler les fourrures, comment gérer un angle de mur, comment passer une ouverture de porte ou de fenêtre. C’est typiquement le moment où la productivité décolle.

Il me restera donc le dernier quart du périmètre à finir lors d’un prochain passage, avant de pouvoir attaquer la pose de l’isolant, le passage des réseaux électriques et enfin les plaques de BA13. Et c’est bien le but de cette première semaine : poser les bases, prendre la main sur le système et arriver la prochaine fois en sachant exactement à quoi s’attendre.

Fenêtre côté jardin encadrée par l'ossature Optima posée Une fenêtre côté jardin, encadrée par l’ossature posée. C’est exactement le genre de finition propre autour des ouvertures qui rend la pose des plaques plus facile dans un second temps.

Ce que je retiens de cette première semaine

Cette semaine, c’est plusieurs premières en même temps : nouveau chantier, nouvelle région, premier chantier mené seul de A à Z et premier vrai chantier d’isolation pour moi. Ce n’est plus de l’électricité, mais c’est exactement le genre de polyvalence qu’on attend d’un artisan sur le terrain et c’est aussi pour ça que je me suis engagé dans cette reconversion.

Le système Optima, je sais désormais le poser. La logique de l’ossature, du mi-hauteur, des fourrures verticales, je l’ai en main. La prochaine étape se déroulera dans cet ordre : d’abord poser l’isolant Actis Hybris dans l’ossature, ensuite passer tous les réseaux électriques (les câbles dans l’épaisseur du doublage, les boîtes d’encastrement positionnées à leur cote finale) et terminer par les plaques de BA13.

Et c’est typiquement ce qui me plaît dans cette reconversion. Ma cible à terme, c’est l’électricité : c’est ce que j’ai voulu faire en me lançant dans cette reconversion et c’est ce que j’aime faire en premier lieu. Mais une semaine comme celle-ci me rappelle aussi à quel point j’aime apprendre et toucher à des corps de métier très différents : ossature, isolation, plomberie, enduit. Sur un chantier de rénovation, tout se tient et passer d’un univers à l’autre est un vrai plaisir au quotidien.


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