Quinze jours passés dans ma maison du Lot pendant les vacances scolaires. Pas vraiment des vacances donc, mais une vraie fenêtre pour avancer en profondeur sur des sujets qu’on ne traite pas en une journée : la réfection de la couverture par les couvreurs, le câblage électrique complet des combles, la création des colonnes de plomberie et la pose de la VMC. J’en ressors rincé, mais avec le sentiment que la maison vient de franchir un cap.
Vacances scolaires ne veut pas dire vacances pour tout le monde
Première chose à dire pour planter le décor : pendant ces deux semaines, je n’étais pas en congés. Vacances scolaires pour les enfants ne veulent pas dire vacances pour les parents. Le boulot principal continuait à tourner et je me suis retrouvé à jongler entre le télétravail (visios, code, les obligations habituelles) et le chantier dès que j’avais un créneau.
Concrètement, ça voulait dire ouvrir l’ordinateur tôt le matin, basculer sur le chantier dès qu’une réunion se terminait, redescendre des combles pour répondre à un message, prendre 20 minutes pour corriger une feature puis remonter dérouler une gaine. Pas idéal pour la concentration, mais c’est la vie d’un chantier qu’on mène en parallèle d’un boulot. Et puis ces deux casquettes me vont bien : le développement reste mon métier, la rénovation de cette maison est un projet personnel que je veux faire au maximum de mes mains.
Le vrai défi était de mixer les deux sans que l’un n’empiète trop sur l’autre. Beaucoup de soirées se sont terminées en nocturne, dans les deux sens : tantôt reprendre l’ordinateur une fois les enfants couchés pour boucler ce qu’une journée hachée par le chantier n’avait pas permis de terminer correctement et tantôt remonter dans les combles avancer une heure ou deux de plus sur ce qui n’avait pas pu être fait dans la journée. Pas tous les soirs, mais souvent. C’est ce qui explique en partie pourquoi j’ai pu boucler autant de sujets en quinze jours.
La couverture refaite : la maison change de visage
En haut de la maison, les couvreurs s’occupaient de la réfection complète de la toiture. C’est typiquement le genre d’étape qu’on ne fait pas soi-même : trop d’enjeux sur l’étanchéité, trop de risque et un savoir-faire qui ne s’improvise pas. Nous avons été accompagnés par des couvreurs hors pairs et l’ambiance grâce à eux et à leur travail a grandement participé à la motivation générale. Eric et Mathieu, si vous passez par là, merci.
C’est probablement le chantier qui change le plus l’aspect de la maison vue de dehors. Une vieille bâtisse de 1850 avec un toit périgourdin en tuile plate de Gabarre (la tuile traditionnelle du coin), ce n’est plus la même maison. Les volumes ressortent autrement, le pignon retrouve sa ligne, et même si j’ai continué à passer le plus clair de mon temps à l’intérieur, à chaque fois que je sortais pour prendre du recul, je me disais que la maison avait pris un vrai coup de jeune.
La toiture refaite en tuile plate de Gabarre, la tuile traditionnelle du Lot. C’est le chantier qui change le plus la silhouette de la maison.
Ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire de mon côté pour autant. Quand les couvreurs travaillent sur le toit et que je travaille dans les combles, il faut se synchroniser. Pour préparer les sorties de toit (la VMC, mais aussi l’évent de la fosse septique que j’ai refaite par la même occasion), il faut être prêt en même temps qu’eux pour ne pas faire revenir la nacelle plus tard. Et puis il y a les questions qui tombent en cours de journée, le café partagé à 8h, les petits choix à valider sur place: les conseils qu’ils nous prodiguent forts de leur expérience à travailler sur les maisons du coin sont précieux.
Cette coordination, c’est une partie du travail qu’on sous-estime quand on n’a jamais mené de chantier. Ce n’est pas du temps perdu, c’est du temps qui évite de tout reprendre dans deux semaines.
Câbler les combles : plus de trente gaines dans la boîte de dérivation
Le gros morceau de la première semaine, ça a été le câblage électrique complet des combles, qui deviendront le futur deuxième étage de la maison. Je rénove la maison étage par étage, et on commence par les combles. Pour le moment, c’est encore un plateau vide sans cloisons, mais l’aménagement est figé : quatre chambres, un palier, un WC et une salle de bain. Ce plan sert de base pour tirer tous les réseaux dès maintenant, avant de monter les cloisons. Sur cet étage, j’ai donc tiré tout ce qu’on attend dans une partie habitée : éclairages et points lumineux, prises, interrupteurs, va-et-vient, boutons poussoirs, fils pilotes pour les radiateurs et alimentations VMC.
Quand on additionne tout ça, on arrive à plus de trente gaines qui convergent vers la boîte de dérivation centrale du plateau. Trente gaines, ça reste abstrait dit comme ça, mais ça représente un volume sérieux à étudier, à tirer, et à repérer une à une.
Petit aparté pour les électriciens qui passent par ici : j’ai pu tester sur ce chantier mes dérouleurs de gaines et de câbles de la marque Runpotec. Du vrai matériel de pro, et autant le dire, un régal à utiliser. Ça a un coût, évidemment, mais sur un chantier de cette ampleur (et tous ceux qui suivront), c’est le genre d’investissement qui se rentabilise très vite. Le temps gagné par rapport à un dévidage à la main n’a rien à voir, et la qualité de tirage est bien meilleure : moins de torsion, moins de frottements, moins de gaines abîmées. Le genre d’outils que je vais ressortir sur tous les prochains chantiers.
Comme sur le chantier précédent, j’ai appliqué la même règle : repérer plus que nécessaire. Chaque câble est étiqueté au moment du tirage, départ et arrivée, avec le circuit et la pièce de destination. C’est un petit investissement en temps quand on est dans la phase de tirage, mais ça paie au moment du raccordement final, et surtout pour quiconque interviendra sur cette installation dans dix ou vingt ans.
Les trente gaines qui convergent vers la boîte de dérivation, étiquetées une à une au moment du tirage. Repérer plus que nécessaire, c’est la règle.
Les colonnes plomberie : deux montées sur trois niveaux
Avec l’électricité bien avancée, j’ai attaqué la plomberie. C’est un domaine que je découvre sur cette maison, comme je le mentionnais à la fin du dernier retour de chantier sur Paris. J’y suis. Et autant le dire tout de suite : la plomberie, c’est un univers à part entière.
La maison étant sur trois niveaux, il fallait créer deux colonnes verticales pour desservir tous les étages :
- Une colonne dédiée aux salles de bain (alimentation et évacuation des lavabos, douches et baignoires).
- Une colonne dédiée aux WC, avec son propre diamètre d’évacuation, plus important.
Pour les évacuations, j’ai monté les colonnes en PVC diamètre 100, avec toutes les sorties de piquage à chaque niveau pour brancher les sanitaires et les WC. C’est un travail très physique : les longueurs sont importantes, le diamètre 100 ne se manipule pas comme du 40, et il faut anticiper précisément où sortiront les piquages avant de coller. Une fois que c’est collé, c’est collé.
Dans la même colonne que les WC court aussi un troisième PVC en diamètre 100, dédié à l’évent de la fosse septique que j’ai refait par la même occasion. Il monte jusqu’au toit pour évacuer les gaz au-dessus du faîtage. C’est donc une deuxième sortie de toit à caler avec les couvreurs, sur le même principe que celle de la VMC.
Pour l’arrivée d’eau chaude et froide, j’ai opté pour du multicouche avec un système de nourrices à chaque étage. Le principe est simple : une seule alimentation monte par étage et arrive sur une nourrice qui distribue ensuite vers chaque point d’eau. Ça facilite la pose, ça permet d’isoler un point d’eau sans couper toute la maison, et surtout ça simplifie énormément le repérage. Là encore, je retrouve la logique d’organisation que j’aime : un point central, des départs identifiés, et tout reste lisible.
C’est ma première vraie expérience de plomberie sur cette ampleur. Je la mène avec pas mal d’humilité, en prenant le temps de vérifier chaque pente, chaque collage, chaque serrage. Ce n’est pas l’électricité, mais la rigueur reste la même.
La VMC hygroréglable S&P
Pour finir ces deux semaines, j’ai posé la VMC. J’ai choisi un caisson S&P hygroréglable, et je voulais expliquer pourquoi ce choix plutôt qu’une autoréglable.
Une VMC autoréglable tourne à débit constant : elle extrait toujours la même quantité d’air, qu’il y ait du monde dans la maison ou personne, qu’on sorte de la douche ou qu’il fasse sec depuis trois jours. C’est simple, fiable, mais ça consomme de l’énergie pour rien et ça surventile en hiver, ce qui veut dire que la chaleur part à l’extérieur.
Une VMC hygroréglable, elle, adapte le débit à l’humidité ambiante. Les bouches d’extraction sont équipées de capteurs qui s’ouvrent davantage quand l’humidité monte (douche, cuisine, lessive) et se referment partiellement quand l’air est sec. Les avantages sont concrets :
- Moins de pertes thermiques l’hiver, parce qu’on ne ventile que ce qu’il faut.
- Moins de bruit, parce que le caisson tourne à régime réduit la plupart du temps.
- Une consommation électrique plus basse sur l’année.
- Un meilleur confort, l’air n’étant ni asséché ni saturé.
Sur une maison de cette taille, le calcul est vite fait : c’est l’option qui a le plus de sens.
Le caisson S&P en cours de pose dans les combles, à proximité de la sortie de toit.
Côté dimensionnement, la configuration est plutôt costaude :
- Sortie de toit en 160.
- Cuisine en 125.
- Trois WC en 80.
- Trois salles de bain en 80.
- Une buanderie en 80.
Une fois le caisson posé, il a fallu tirer toutes les gaines depuis le caisson jusqu’aux bouches, en passant par les combles puis par les gaines techniques entre les niveaux. C’est un travail qui demande de la patience : il faut éviter les coudes serrés (chaque coude réduit le débit), respecter les longueurs maximales par bouche, et soigner les fixations pour éviter les flexions qui sifflent à l’usage.
La pose des gaines, étape qui se prolonge bien plus longtemps qu’on ne l’imagine au départ.
Le plateau, vu d’ensemble
Si je devais montrer une seule photo pour résumer l’avancée du chantier sur cette période, ce serait celle du plateau des combles, avec tout ce qui est venu s’y greffer en deux semaines.
Le plateau des combles avec l’électricité tirée, les colonnes de plomberie qui débouchent et la VMC en place. Ce qui n’était que pierre et charpente il y a quinze jours commence à ressembler à une installation.
C’est le genre de photo qui ne paie pas de mine au premier coup d’œil, mais qui contient des dizaines d’heures de travail.
Deux semaines éreintantes, et après ?
Je vais être honnête : à la fin de ces deux semaines, je suis cuit. Les journées commençaient tôt, finissaient tard, le télétravail s’intercalait au milieu et la vie de famille continuait en parallèle. Ce n’est pas un rythme tenable sur la durée, mais sur une fenêtre de vacances, c’était l’occasion d’avancer comme je n’avance pas le reste de l’année.
Et le plus important, c’est que j’en ressors satisfait. Les combles sont câblés, les colonnes de plomberie sont en place, la VMC est posée. Trois sujets majeurs qui dormaient sur la liste depuis longtemps et qui sont aujourd’hui derrière nous.
Il reste évidemment beaucoup à faire : raccorder les nourrices à chaque étage, poser les bouches de VMC, finir les piquages d’évacuation et tout ce que cette vieille maison de 1850 garde encore caché derrière ses murs. Mais ma maison a vraiment changé pendant ces deux semaines, dehors comme dedans et c’est exactement ce que j’espérais en démarrant ces vacances un peu particulières.
Les autres étapes de ce chantier : premiers pas dans la rénovation électrique et l’installation de la borne de recharge triphasée.
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