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Le détail qui fait monter une chambre en gamme : des appliques de tête de lit encastrées

Une applique de chaque côté du lit, son interrupteur à portée de main et pas un fil apparent : c'est le genre de détail qui fait monter une chambre en gamme. Chez mes clients, le mur était en béton armé et ils ne voulaient pas la moindre moulure. Il a donc fallu tout encastrer : repérage au détecteur, scie cloche, saignées à la rainureuse, gaines scellées au MAP et quatre passes d'enduit.

Le détail qui fait monter une chambre en gamme : des appliques de tête de lit encastrées

Une applique de chaque côté du lit, son interrupteur à portée de main et pas un fil apparent : c’est le genre de détail qui donne tout de suite à une chambre un côté haut de gamme. C’est ce que je viens de créer dans la chambre de mes clients, avec une applique de tête de lit et son interrupteur de part et d’autre du lit. Présenté comme ça, on pourrait croire à une affaire de deux heures. Sauf que le mur est en béton armé et qu’ils ne voulaient pas voir la moindre moulure. Tout devait donc passer en encastré, à l’intérieur du mur.

Sur ce genre de chantier, le câblage ne représente qu’une petite partie du travail. Le reste se partage entre le repérage, la découpe du béton, le scellement et l’enduit. Voici comment je m’y suis pris, étape par étape.

Pas de moulure, donc tout dans le mur

Sur un mur en béton, la solution de facilité s’appelle la moulure : une goulotte en plastique fixée en surface, dans laquelle on fait courir les fils jusqu’à l’applique. C’est rapide, ça ne fait presque pas de poussière et ça fonctionne très bien. Le problème, c’est que ça se voit. Au-dessus d’une tête de lit, je comprends tout à fait qu’on n’en veuille pas.

L’autre option consiste à faire disparaître les gaines dans l’épaisseur du mur. Dans une cloison en plaques de plâtre, c’est presque une formalité. Dans du béton armé, il faut creuser et le chantier change de catégorie.

D’où faire venir le courant ?

Avant de sortir la moindre machine, la première question à régler est celle de l’alimentation : d’où vais-je faire partir le courant pour ces nouveaux points ? Ici, la réponse se trouvait déjà sur le mur. Il y avait des prises de part et d’autre du lit et je me suis donc repris dessus. L’alimentation était disponible des deux côtés, à l’endroit exact où j’en avais besoin, ce qui limitait la longueur de saignée à creuser dans le béton.

Repérer avant de couper

Qui dit prises existantes dit gaines existantes, quelque part dans le mur, sans que rien n’indique par où elles passent. Avant de tracer quoi que ce soit, j’ai donc passé toute la zone au détecteur. Le mien est un Bosch, qui repère aussi bien les métaux que les câbles. Le but était d’être certain qu’au moment de faire mes saignées, je n’allais pas découper une gaine déjà en place. Sectionner un circuit qui fonctionne pour en créer un nouveau, ce serait quand même dommage.

Ce repérage ne se verra jamais sur le résultat final. C’est pourtant lui qui évite l’erreur capable de transformer une journée de chantier en dépannage.

Une fois le mur « lu », j’ai sorti le niveau laser pour aligner parfaitement les appliques, les interrupteurs et les prises. Sur une tête de lit, tout se joue sur la symétrie : les deux appliques à la même hauteur, les interrupteurs au même niveau, le tout bien d’aplomb avec les prises déjà en place. Un décalage de quelques millimètres entre le côté gauche et le côté droit, on ne voit plus que ça une fois le lit installé. Avec les lignes du laser projetées sur le mur, il ne reste qu’à tracer.

La scie cloche spéciale béton armé

Vient ensuite le perçage des emplacements. Pour les appliques comme pour les interrupteurs, j’ai utilisé une scie cloche spéciale béton armé en diamètre 68, la dimension qui correspond aux boîtes d’encastrement standards.

Perçage d'un mur en béton armé avec une scie cloche de 68 mm montée sur un perforateur DeWalt Le perçage à la scie cloche spéciale béton armé, montée sur le perforateur. En bas, les prises existantes sur lesquelles je viens me reprendre.

Une fois la cloche retirée, voici ce qu’on trouve au fond du trou :

Trou percé à la scie cloche de 68 mm dans un mur en béton armé, avec un fer à béton visible au fond Un des trous percés à la scie cloche de 68. Au fond, on distingue un fer à béton que la cloche a mis au jour.

Regardez bien cette deuxième photo : on y voit les traces de ferraille. Ce sont les aciers qui arment le béton et la cloche les a rencontrés sur son passage. C’est toute la différence avec une cloison en brique ou en carreaux de plâtre, où une scie cloche ordinaire suffit. Pour percer et faire des saignées dans du béton armé, il faut être bien équipé ! C’est typiquement le chantier où je suis content d’avoir investi dans du matériel de professionnel.

J’ai ensuite répété l’opération de l’autre côté du lit.

Les saignées à la rainureuse

Une fois les trous percés des deux côtés, il fallait les relier entre eux. C’est le travail de la rainureuse, une machine équipée de deux disques diamant qui découpent dans le mur deux traits parallèles, à une profondeur réglée d’avance. Il suffit ensuite de faire sauter la bande de béton restée entre les deux traits pour obtenir une saignée nette.

De chaque côté du lit, la saignée part du trou de l’applique, passe par celui de l’interrupteur puis descend jusqu’aux prises existantes, là où je récupère l’alimentation.

Saignée verticale réalisée à la rainureuse dans un mur en béton armé, reliant deux trous de scie cloche La saignée relie le trou de l’applique (en haut) à celui de l’interrupteur, avant de descendre vers les prises.

Dans ces saignées, j’ai positionné des gaines de 16, dans lesquelles viendront se loger les câbles.

Gaines électriques de 16 mm posées dans la saignée, de l'applique jusqu'aux prises existantes Les gaines de 16 en place dans la saignée, de l’applique jusqu’aux prises existantes, juste avant le scellement.

Pourquoi des gaines plutôt que des câbles noyés dans le mur

On pourrait se demander pourquoi s’embêter avec des gaines. Après tout, noyer directement un câble dans la saignée irait plus vite et demanderait de creuser moins large. Il y a pourtant de bonnes raisons de ne pas le faire.

La première est réglementaire. Les fils électriques classiques, ceux à simple isolation qu’on tire dans un logement, n’ont pas le droit d’être noyés tels quels dans un mur : la norme NF C 15-100 impose de les passer sous conduit.

La deuxième tient à la protection. La gaine isole les fils du mortier au moment du scellement, puis des contraintes du mur pendant toute la vie de l’installation.

La troisième est celle qui compte le plus à mes yeux : une gaine permet de revenir sur l’installation. Si un fil est abîmé un jour ou s’il faut en ajouter un pour faire évoluer le circuit, on peut le retirer et en repasser un autre depuis les boîtes, sans toucher au mur. Un câble noyé dans le béton, lui, y reste pour toujours. Pour le remplacer, il faudrait tout rouvrir : la saignée, l’enduit puis la peinture.

Une installation qu’on peut réparer sans tout casser est une installation qui dure. Ça rejoint ce que je défends par ailleurs.

Sceller au MAP, sans aller jusqu’au bord

Une fois les gaines positionnées, je les ai fixées et recouvertes avec du MAP, un mortier adhésif à base de plâtre. Il accroche très bien dans une saignée et il durcit vite, ce qui en fait un bon produit de scellement. En revanche, il n’est pas fait pour la finition.

C’est la raison pour laquelle je n’ai pas rempli les saignées jusqu’au ras du mur. Je me suis arrêté 1 à 2 mm en dessous du niveau du mur terminé, pour laisser à l’enduit de finition la place de venir par-dessus.

Vient alors le moment du passage des câbles dans les gaines, puis du raccordement sur les prises existantes (circuit coupé et absence de tension vérifiée, comme toujours).

Saignée refermée au MAP avec les boîtes d'encastrement en place et les fils passés dans les gaines La saignée refermée au MAP, en léger retrait par rapport au mur. Les boîtes d’encastrement sont en place et les fils sont passés dans les gaines.

Quatre passes d’enduit et beaucoup de patience

Restaient les finitions. J’ai passé l’enduit de finition en quatre fois pour obtenir un rendu vraiment propre.

Quatre passes, ça peut sembler beaucoup pour reboucher quelques saignées. L’explication est simple : un enduit, quand il sèche, « tire ». Il se rétracte légèrement et il se creuse. Une seule passe, même généreuse, laisse donc toujours un léger creux à l’endroit de la saignée. Chaque nouvelle passe vient rattraper le retrait de la précédente, jusqu’à ce que la surface soit parfaitement plane.

Enduit de finition appliqué en large bande sur la saignée rebouchée L’enduit de finition, tiré bien plus large que la saignée pour que la reprise se fonde dans le mur.

C’est finalement ça, le plus long sur ce genre de chantier : le temps de séchage. Entre deux passes, il faut attendre et il n’existe aucun raccourci. Regarder de l’enduit sécher n’est pas la partie la plus palpitante du métier (😅), mais c’est elle qui fait la qualité du rendu. Les enduits, je les ai appris sur le tas au printemps et ils me servent aujourd’hui sur mes propres chantiers d’électricité.

Après la dernière passe et le ponçage, les appliques et les interrupteurs ont pu être posés. Voici le résultat :

Tête de lit avec une applique murale allumée et son interrupteur de chaque côté du lit, sans aucun fil apparent Le résultat, appliques allumées. Le mur est poncé mais pas encore repeint et les saignées ne se devinent déjà plus.

Il ne manque plus que la peinture. Pour le coup, je laisse mes clients s’en occuper. Rien qu’à ce stade, sans peinture, ça fait déjà propre.

Côté appareillage : de l’Odace et des appliques choisies par mes clients

Un mot sur le matériel, pour finir. Les interrupteurs et les prises sont de la gamme Odace de Schneider. Je travaille presque exclusivement avec cette marque, qui offre à mes yeux un très bon rapport qualité-prix. C’est aussi une marque durable et je la conseille à tous mes clients. Je trouve en plus que le rendu de la gamme Odace fait assez premium une fois au mur, ce qui colle bien avec l’esprit de ce chantier. J’en disais déjà du bien à propos du tableau de l’atelier de poterie.

Applique murale cubique en bois allumée et interrupteur Schneider Odace blanc au-dessus d'une table de chevet L’une des deux appliques et son interrupteur Odace, à portée de main depuis le lit.

Les appliques, elles, ont été choisies par mes clients, qui les ont achetées chez Leroy Merlin : des cubes en bois qui éclairent à la fois vers le haut et vers le bas. Comme quoi, on peut faire monter une chambre en gamme avec du matériel accessible, à condition de soigner la pose.

Ce que je retiens de ce chantier

Ce chantier résume bien ce que veut dire « encastré » quand le mur est en béton armé. Les appliques et leurs interrupteurs ne sont que la partie visible du travail. Tout ce qui précède (le repérage au détecteur, les tracés au laser, la cloche, la rainureuse, le MAP, les quatre passes d’enduit) est destiné à ne plus se voir du tout.

Une moulure aurait demandé beaucoup moins de temps, c’est certain. Mais une fois la peinture passée, il ne restera sur ce mur que les appliques, leurs interrupteurs et aucune trace de mon passage. C’est exactement ce que mes clients avaient demandé. C’est aussi ce genre de finition qui fait qu’une chambre paraît plus soignée, sans qu’on sache toujours dire pourquoi.


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