Mon CAP Électricien en candidat libre, 100 % en ligne

Je prépare mon CAP Électricien en candidat libre, avec une formation entièrement en ligne financée par mon CPF. Pour ceux qui envisagent le même chemin, voici ce que j'en retire à ce stade : ce que veut dire candidat libre, ce que coûte vraiment la formation, la rigueur qu'exige le 100 % à distance quand on travaille à côté, la façon dont le cursus mêle théorie et exercices sur maquette, puis ce qui lui manque, le terrain.

Mon CAP Électricien en candidat libre, 100 % en ligne

Depuis le début de ma reconversion, je prépare mon CAP Électricien en candidat libre, avec L’atelier des Chefs. Le nom fait souvent sourire, on l’associe plutôt à la cuisine, mais l’organisme propose aussi une plateforme entièrement en ligne pour suivre le cursus du CAP Électricien. J’en avais parlé en quelques lignes au tout début de ce blog, sans entrer dans le détail. Cet article s’adresse à ceux qui veulent faire comme moi : se reconvertir dans l’électricité en passant par ce type de formation. Je précise d’emblée que je ne l’ai pas encore passé, les épreuves sont prévues en juin 2027. 🤞 Ce que je raconte ici, c’est donc le regard d’un candidat en cours de formation, pas un bilan après diplôme : ce qui me convient, ce qui demande de l’organisation et ce qui manque.

Candidat libre, ça veut dire quoi

Passer un CAP en candidat libre, c’est s’inscrire soi-même à l’examen auprès de son académie, sans passer par un lycée professionnel ni par un centre de formation d’apprentis. L’organisme de formation prépare aux épreuves, il ne les organise pas. Le jour venu, on se présente comme n’importe quel autre candidat, dans l’établissement désigné par l’académie, pour passer les épreuves devant un jury.

C’est souvent la voie des adultes en reconversion. On a déjà un métier, parfois une famille. On ne va pas retourner sur les bancs d’un lycée à temps plein. Pour ceux qui ont déjà un bac ou un diplôme supérieur, les épreuves d’enseignement général sont dispensées. C’est mon cas : avec un BTS et un diplôme d’ingénieur, je n’ai pas à repasser les maths, le français ni les autres matières dites générales. Il ne me reste que les épreuves professionnelles, celles qui portent sur le métier.

Ce que la formation m’a coûté : presque rien, grâce au CPF

Avant de parler du contenu, un mot sur le financement, parce que c’est souvent la première question qu’on se pose. Cette formation ne m’a rien coûté, ou presque, grâce à mon compte personnel de formation, le CPF. Après des années de salariat, j’avais suffisamment de droits dessus pour couvrir l’intégralité du cursus.

Il y a quand même une nuance. Pour mobiliser son CPF, il faut aujourd’hui verser une participation forfaitaire. Dans mon cas, j’ai dû débourser 150 € pour débloquer le financement. C’est le seul montant que j’ai sorti de ma poche. Si vous êtes salarié et que vous envisagez cette reconversion, allez d’abord regarder votre solde sur votre compte formation. Il y a de bonnes chances que votre CAP soit déjà financé sans que vous le sachiez.

Une formation entièrement en ligne

Tout le cursus se suit sur une plateforme en ligne. Les cours, les supports, les évaluations, tout est accessible à distance, quand on veut, d’où on veut. Il n’y a pas d’horaires à respecter ni de présence à justifier. On avance à son rythme. La plateforme propose aussi un agenda de lives et de masterclass, ainsi qu’un espace pour poser ses questions, mais rien n’est imposé.

Page d'accueil de la plateforme en ligne de L'atelier des Chefs, avec les rubriques Premiers pas, Vos cours, Exercices, Ressources et Agenda L’accueil de la plateforme. Les cours, les exercices à déposer, les ressources et l’agenda des lives : tout le cursus se passe là, derrière un écran.

Le parcours est bien structuré, avec une partie théorique et une partie pratique. La théorie couvre ce qu’on attend d’un CAP : les bases de l’électricité, les schémas, la norme, la sécurité, les calculs. Les modules alternent des sujets très concrets (le télérupteur, la minuterie, encastrer un spot, le principe de l’électroaimant) et des modules plus transversaux, communs à plusieurs CAP, sur la communication ou la confiance en soi.

Liste de modules du parcours e-learning CAP Électricien de L'atelier des Chefs : la scie-cloche, encastrer un spot d'éclairage, le principe de l'électroaimant, le télérupteur, la minuterie, se faire confiance, la communication verbale et non verbale Quelques chapitres du parcours. Des modules techniques, comme le télérupteur ou la minuterie, côtoient des modules communs à d’autres CAP, sur la communication ou la confiance en soi.

La partie pratique, elle, repose sur une maquette qu’on réalise chez soi. Concrètement, il s’agit d’une plaque de BA13 sur laquelle on monte les exercices du cursus : poser un interrupteur qui allume une ampoule, câbler une prise. Les exercices s’enchaînent sur ce principe, pour reproduire à petite échelle les gestes qu’on retrouvera dans une installation.

Ce que le 100 % à distance exige vraiment

C’est le point sur lequel je veux insister, parce qu’il est à la fois le gros avantage de cette formule et son piège. Une formation entièrement à distance impose une vraie rigueur d’apprentissage. Personne ne vient vous chercher. Il n’y a pas de cours le lundi à 8 h, pas de professeur qui remarque votre absence, pas de camarades pour vous entraîner. Si vous n’ouvrez pas la plateforme pendant trois semaines, il ne se passe rien.

Je ne vais pas prétendre que c’est facile. Quand on travaille à côté et qu’on a des enfants, trouver du temps à consacrer aux cours peut vite devenir compliqué. Les soirées sont courtes, les week-ends se remplissent tout seuls et la formation passe facilement après tout le reste. Il faut se dégager du temps et le protéger.

Pour moi, ce mode convient parfaitement. Je peux organiser mon temps de travail comme je le souhaite, avancer sur un module quand j’ai une semaine calme et le mettre de côté quand je pars sur un chantier. Cette liberté, je ne l’aurais eue nulle part ailleurs. Mais je suis conscient que ce n’est pas adapté à tout le monde. Si vous avez besoin d’un encadrement, d’un suivi au quotidien, de quelqu’un qui vérifie où vous en êtes et qui vous relance, une formation à distance risque de vous laisser seul face à vous-même. Dans ce cas, il vaut sans doute mieux regarder du côté des formations en présentiel, avec un rythme imposé.

Pourquoi je n’ai pas fait les exercices sur maquette

J’ai fait un choix qui peut surprendre : je ne réalise pas les exercices pratiques de la formation. Pas par flemme, mais parce que j’ai la chance d’avoir mieux sous la main.

J’ai l’opportunité de travailler une semaine par mois sur les chantiers. Ce n’est pas un choix simple à faire : cette semaine, je la prends sur mon temps de travail, donc sur mon salaire, qui baisse de 20 %. C’est un sacrifice. Mais à mes yeux, c’est un sacrifice nécessaire, parce que c’est là que j’apprends le métier. À côté, il y a la rénovation de ma maison dans le Lot, où je fais tout de zéro : le tableau, les circuits, les boîtes de dérivation, les appareillages. Il y a enfin tous ces chantiers électriques à droite et à gauche, des ventilateurs de plafond, une borne de recharge, un atelier de poterie, qui me mettent chaque fois devant une situation différente.

Mes semaines sont donc déjà remplies de pratique, de la vraie, sur des installations qui doivent fonctionner une fois les plaques refermées. Une plaque de BA13 avec un interrupteur et une ampoule, c’est bien pour comprendre le principe. Mais quand on a déjà câblé l’éclairage de plusieurs maisons, l’exercice n’apporte plus grand-chose. Mon temps est mieux investi sur un vrai chantier.

Ce que la plateforme ne peut pas apporter : le terrain

C’est la seule limite que je vois à ce genre de parcours. Elle ne tient pas à L’atelier des Chefs en particulier, elle tient au format. Soyons clairs sur ce que la plateforme apporte : elle prépare à l’examen et elle le fait bien. Son rôle n’est pas de faire de vous un bon électricien de terrain, aucune formation en ligne ne le pourrait. Ce n’est pas un reproche, c’est une répartition des rôles : la plateforme apporte la théorie et le diplôme, le chantier apporte le métier. Il y a bien des exercices pratiques, mais ils restent dans un cadre dont on ne peut pas sortir. La maquette est propre, plane, sans surprise. Le schéma est donné, le résultat attendu aussi. On apprend à reproduire un montage, pas à se débrouiller.

Un chantier, c’est tout l’inverse. Ce sont des murs de 1850 qui ne sont pas droits, des gaines à faire passer là où on peut, une installation existante dont plus personne ne connaît le plan, un court-circuit un matin à 8 h 30 qu’il faut gérer avec la coupure Enedis derrière. C’est aussi la coordination avec les autres corps de métier, des clients qui changent d’avis en cours de route, des contraintes de place qu’aucun schéma n’avait prévues. Rien de tout ça ne tient sur une plaque de BA13.

C’est pour ça qu’à mon avis, un jeune diplômé qui sort d’une formation en ligne ne peut pas être opérationnel tout de suite sur le terrain. Il a les bases, il connaît la norme, il sait ce qu’est un différentiel et pourquoi on le met. Mais il n’a jamais eu à tirer une gaine dans une cloison existante ni à comprendre une installation faite par quelqu’un d’autre des décennies plus tôt. Ça ne s’apprend pas sur une plateforme. Ça s’apprend en le faisant, de préférence aux côtés de quelqu’un qui l’a déjà fait.

Mon conseil : allez chercher le terrain à côté

Si vous suivez ce genre de parcours, ou si vous hésitez à vous y lancer, mon conseil tient en une phrase : allez chercher des opportunités à côté pour acquérir cette expérience de terrain. Elle est indispensable avant de se lancer en électricité.

Ça peut prendre plusieurs formes. Chez moi, ça a commencé par ma propre maison, puis par des coups de main aux proches. Ça continue aujourd’hui avec ces semaines de chantier chaque mois, avec le manque à gagner que ça implique. Ne vous contentez pas de la maquette. Faites-la si elle vous aide à comprendre, mais ne vous arrêtez pas là. Proposez votre aide à un électricien, à un artisan de votre entourage, à un ami qui rénove. Acceptez les petites interventions, même modestes. Chaque intervention réelle vous apprendra des choses qu’aucun module ne peut vous transmettre.

Le diplôme vous ouvrira des portes : la reconnaissance officielle, l’assurance décennale. Le terrain vous donnera les moyens de ne pas décevoir le premier client qui vous fera confiance.

Où j’en suis

Je continue à avancer sur la plateforme, module après module, entre deux chantiers, avec juin 2027 en ligne de mire. Le CAP reste une étape clé pour moi : c’est lui qui me permettra d’être reconnu officiellement et de souscrire mon assurance décennale, celle qui couvrira les travaux de mes clients. Je ne le prends donc pas à la légère, même si je suis convaincu que l’essentiel de ce qui fait un bon électricien se joue ailleurs que devant un écran.

Si vous envisagez la même reconversion et que vous avez des questions sur ce parcours, écrivez-moi. Je répondrai volontiers.


Pour aller plus loin : mes premiers pas dans cette reconversion et pourquoi passer du développement à l’électricité est plus logique qu’on ne croit.

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